Je suis (presque) un Iron Man
Ce nouvel article n'est pas tout à fait celui que j'avais imaginé.
Comme pour les précédents, je l'écris surtout dans le but de le relire plus tard, quand je serai vieux, et aussi un peu pour partager.
Ce que je pensais célébrer ici était le fin d'une quête toute personnelle en 3 étapes commencée en 2018.
Passer sous les 3h au marathon (avril 2018).
Finir l'UTMB (août 2022).
Finir l'Iron Man de Nice (juin 2026).
3 objectifs majeurs, 3 achèvements.
Et bien non, il n'aura manqué que deux jours et quelques degrés en moins, pour finaliser le 3ème épisode le dimanche 28 juin selon le plan initié depuis janvier. Trop chaud, trop partout en France, course annulée le vendredi matin, moins de 48h avant le départ.
Je suis déjà à Cagnes sur mer chez mes parents quand j'apprends la nouvelle, en pleine réunion stratégique avec mon n+2, autre rendez-vous important de cette fin de semestre, réussi lui. Sylvie vient me montrer un email reçu à l'instant et me demande de vérifier si c'est pas un fake, bah non… Je ne suis pas vraiment surpris, cette semaine la canicule est devenue le sujet médiatique n°1, je ne sais pas si l'annulation est vraiment justifiée mais politiquement je ne voyais pas trop le préfet faire différemment. Dans ma tête, ce sont des sentiments divers. Je suis calme ; un peu abattu en pensant au chemin pour être au départ, ce qui est déjà toujours une victoire et je n'y serai pas ; un peu soulagé car j'avais peur de la natation et surtout de la chaleur sur le marathon ; un peu agacé car chacun se souvient qu'il faisait plus chaud l'an passé et que l'IM avait eu lieu. A posteriori ce n'est pas exact d'ailleurs, il faisait 3° de plus cette année d'après les historiques que j'ai consultés. Ca ne change pas grand-chose, à Nice fin juin il fait chaud, bon ben on le sait.
2ème réflexe, je me dis que je vais le faire quand même cet IM, seul, en off, en partant en fin de nuit, tranquillement. 5' de réflexion…, non ce n'est pas une bonne idée, logistique complexe pour les transitions notamment. Je vais faire le vélo à minima, samedi matin. Là, Romain, le copain du club avec qui j'ai fait le T24 île de Ré en duo l'an passé, me dit qu'il est dans le coin et dispo dimanche, donc vélo dimanche à deux en fait. Du coup rien samedi ? L'idée de faire les trois épreuves sur trois jours me vient alors. Ce sera natation samedi, vélo dimanche et marathon lundi, à l'aube pour minimiser la chaleur.
Natation samedi matin donc , dans le seul endroit où il fait bon, la mer. Pas de combi, eau à 25°, et je veux voir si la combi m'est vraiment utile. Réponse : non. Je suis allé moins lentement sans qu'avec sur une séance plus courte faite au même endroit 2 jours avant. 1h44 pour les 3800m, c'est pas terrible mais c'est mon niveau, un peu plus lent qu'en piscine où je suis plutôt entre 1h35 et 40. La bonne nouvelle c'est aucune gène d'aucun ordre. En effet, depuis plus d'un an, mes (rares) sorties en eau libre se passent globalement toutes mal, oppression respiratoire, ventre ballonné, léger vertige ou flou…, avec en commun la t° basse de l'eau. A suivre donc dans des eaux sous 20°, avec un meilleur bonnet et une meilleure combi sans doute. Et depuis peu, je mets aussi un pince nez pour ingurgiter moins d'eau.
Lundi matin, départ marathon 6h, déjà 28°. J'ai pas envie de faire 4 fois la promenade des Anglais, alors j'ai choisi de partir de Cagnes où je réside, vers Antibes puis demi-tour jusque Nice puis retour Cagnes, le compte y est pile poil, tout en bords de mer. Je voulais partir tranquille à 5'30, c'est ce que je fais mais c'est pas si facile que ça, j'ai pas vraiment l'énergie d'aller plus vite de toute façon. L'allure se dégradera lentement tout du long, soit du fait des pauses arrosage et ravito sous les douches de bords de plage, soit à l'inverse par les trop longues sections sans eau, où je ralentis parce que je chauffe trop (zone commerciale de CAP 3000 et de l' aéroport). Franchement, autant j'ai aimé faire le vélo, autant je fais le marathon parce que j'ai décidé que je le ferai… mais ça ne m'amuse pas beaucoup. 4h04, 5'48 de moyenne. J'avais prévu au mieux 5'30, au pire 6', je suis au milieu, sans le vélo avant, enfin pas juste avant. Je mesure la température à l'arrivée, il fait 39° (au soleil), il n'est pas encore 10h.
Je suis content d'avoir quand même fait les 3 épreuves, ça marque quand même le coup, ça aide à apprécier qu'il n'était pas déraisonnable d'annuler, que peut-être même c'est l'année d'avant qu'il était discutable de maintenir, au-delà du risque sanitaire, simplement pour faire un triathlon dans des conditions normales. En 2025, 1500 coureurs "seulement" avaient fini contre 2000 en 23 et 1900 en 24, et ceux qui ont fini ont mis 30' de plus en moyenne que les 2 années précédentes , tout est dit. In fine, il faut sûrement changer la date définitivement. Nice fin juin, ça va devenir impraticable.
Je m'étais fixé 3 objectifs pour cet IM, par ordre d'importance décroissant.
En premier finir. Je pense que je l'aurais atteint (sauf hyperthermie ou blessure grave bien sûr). En second finir content, ce qui pour moi voulait dire notamment une nage lente mais ok, un vélo agréable, souffrir sur le marathon mais ne pas marcher, ne pas dépasser 6' du kilo. J'ai un doute sur ce dernier point.
Et en trois, faire sub 13h. Je savais que ce serait compliqué, je sais maintenant avec certitude que j'aurais échoué. Je suis en 12h52 sur 3 jours, hors transitions, avec pauses sur le vélo. Le plan idéal était le suivant, avec 10° de moins, j'y crois ;)
Plutôt good :
- Mon nouveau vélo que j'ai mis tant de temps à me décider à acheter, et qui avance (presque) tout seul, merci le RCR Pro Van Rysel.
- S'être mis enfin et vraiment au home trainer, auquel je dois sûrement une partie de mes progrès. Je suis fier de mes 30km/h de moyenne sur les 90km du L vallonné de Vendôme.
- Le volume d'entraînement entre 10 et 15h/semaine sur les 2 derniers mois. En tout depuis janvier, 3500km de vélo, 850km de course, 68km de natation. 5 à 6 jours sur 7.
- L'alimentation et l'hydratation, ce qui n'est jamais simple et m'a souvent jouer des tours en trail. Je me suis habitué les 2 derniers mois à un peu plus de 30g de glucides par heure en solide, en alternant une pâte de fruits décathlon et un gel maurten 100 toutes les 45', plus l'iso decat à l'envie. A confirmer néanmoins sur un vrai IM.
- La course. Je manque de vitesse cette année mais je ne l'ai pas beaucoup travaillé. Et je manque aussi de volume. Dur de tout faire. Mais un marathon de Paris tranquille en 3h20 quand même, donc ça va.
- La natation. Stable, pas vraiment de progrès, je ne m'entraîne qu'en EF tout le temps que je fasse 500m ou 3800, mais je m'entraîne. Et faire les 3800m n'est pas un souci, sauf si l'eau est froide ;)
- Se péter 2 côtes mi avril. 5 semaines pour pouvoir renager :(
- Un nouveau poste au boulot, pas une bonne idée à faire la même année qu'un IM.
- OpenTri. Je dirais que c'est cher versus valeur ajoutée, sans détailler ici. Ca m'a bien aider surtout pour les séances de Home Trainer, prises telles quelles, synchros avec mon app Garmin TACX qui pilotait le HT.
Alors partie remise ?
Sans doute, parce que la case n'est pas cochée, et c'est toujours Nice que je veux faire.
Suite à l'annulation, l'orga nous a proposé soit le report sur un autre IM en 26, soit le report sur l'IM Nice 27 (qui aura lieu en septembre), ou le remboursement. Après réflexion je ne reporte pas sur Nice 27. Cette prépa était quand même pour moi une grosse charge. Pour que cela reste du plaisir et être pleinement mobilisé, il ne faut pas que ce soit tous les ans. Donc 2028 peut-être. J'irai chercher le plaisir ailleurs en 2027.






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